Blogue du CIOC

Le roi des instruments dans les nouvelles

date avril 22, 2014 auteur Alexia Jensen Catégories Interviews
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Jean-Willy Kunz parle au CIOC de l’orgue Pierre-Béique, de l’importance du CIOC et de ses plans secrets pour l’orgue.

L’OSM a officiellement accepté l’orgue Pierre-Béique dans sa résidence à la Maison Symphonique le 18 janvier 2014. Pour parler de cet événement, le CIOC a discuté avec Jean-Willy Kunz, organiste en résidence à l’Orchestre Symphonique de Montréal et Lauréat du 3e prix ex-aequo et du Prix du public du Concours 2011 du CIOC.

Jean-Willy, l’orgue Pierre-Béique des facteurs Casavant Frères vient d’être accepté officiellement par l’Orchestre Symphonique de Montréal : vous créerez une œuvre commandée par l’OSM du compositeur canadien Samy Moussa pendant l’inauguration officielle, le 28 mai prochain. Avez-vous discuté avec Samy Moussa de cette nouvelle composition?

Je l’ai rencontré il y a quelques jours. Je lui ai montré l’orgue d’ailleurs, et je lui ai fait une petite démonstration pour qu’il puisse s’inspirer des différentes compositions sonores de l’instrument pour écrire sa pièce. Il n’a encore jamais composé pour l’orgue: j’ai hâte de voir ce qu’il va faire. Mais il n’en est pas à sa première expérience avec l’OSM : il a déjà composé une pièce pour eux en 2009 ⦋ndlr : Deux études pour grand orchestre⦌ et une première fois en 2005. Cela témoigne du lien de confiance entre Samy et l’OSM.

Vous êtes tous les deux jeunes : voyez-vous ça comme une façon de dépoussiérer l’image de l’orgue lors du concert d’inauguration?

Oui, d’ailleurs l’orgue en a bien besoin. Le CIOC travaille énormément à cet égard, par le biais de son concours qui existe depuis 2008. Rajeunir le monde de l’orgue et le faire découvrir par un large public : l’OSM et le CIOC font un peu le même constat, qu’il faut faire redécouvrir ce monde qui a trop longtemps été incompris, ou en tout cas qui n’a pas été apprécié à sa juste valeur, et qui a souvent été associé à la musique liturgique.

Qu’est-ce qui vous intéresse dans le monde de l’orgue?

Ce que j’aime, c’est non seulement la musique d’orgue, mais au-delà de ça, j’aime aussi les gens qui peuplent ce monde, et qui me côtoient pendant mon évolution, les rencontres au bon moment comme les rencontres qui arrivent au mauvais moment. Rencontrer les gens, faire découvrir l’orgue – juste ce matin j’ai eu deux visites à l’orgue de l’OSM pour des personnes qui sont pourtant proche de l’orchestre mais qui ne connaissent pas ce monde. J’aime les voyages, j’aime découvrir de nouveaux facteurs d’orgue.

Vous avez eu la chance de jouer l’orgue Pierre-Béique. Que retenez-vous de cette première expérience? Je retiens le caractère polyvalent de l’instrument : on pourra y jouer toutes sortes de répertoires. Il synthétise différentes esthétiques de factures d’orgue : on pourra y jouer aussi bien de la musique baroque française, symphonique française, allemande… Je retiens aussi l’excellente harmonisation de l’orgue – l’équilibre global de tous les jeux présents dans l’orgue- et l’équilibre avec l’orchestre. Le mandat premier de cet orgue est de jouer avec l’orchestre, en plus des récitals solo et la musique de chambre. L’orgue sera équilibré avec l’orchestre, aussi bien au niveau du volume général que des timbres spécifiques qui s’y intègrent merveilleusement bien.

Vous avez été candidat au concours 2011 du CIOC. Comment voyez-vous ce prochain concours qui arrive à grand pas, et qu’auriez-vous à conseiller aux candidats?

J’ai hâte de voir quels candidats ont été sélectionnés, et leur bagage musical qu’ils apporteront au concours. Il y aura des noms connus, mais j’ai l’impression qu’on entendra toute une nouvelle génération d’organistes qu’on n’a pas encore vus sur les circuits internationaux - des noms vraiment prometteurs. Des conseils? Être très très prêt techniquement bien sûr, mais aussi mentalement. Se rappeler que les épreuves s’enchaînent très vite : avant même de commencer le premier tour, il faut être prêt pour la finale qui n’est qu’à quelques jours de la première épreuve. Et surtout, ne pas oublier de se faire plaisir. On joue pour le jury, mais 99% des gens qui sont dans ces églises sont le public général. Il faut se faire plaisir et transmettre ces émotions.

Êtes-vous content de votre participation au concours du CIOC au 2011?

J’ai eu la chance de gagner le troisième prix ex-aequo et le prix du public. C’est un prix auquel j’attache de l’importance : c’est le prix de 99% du public. Lorsqu’on joue des concerts, il n’y a pas de jury, mais que le public. Le temps a passé, mais ça m’a aidé – ce prix permet de se positionner sur la scène internationale. Les gens au niveau international reconnaissent la valeur et le rayonnement du CIOC. Je suis très heureux d’y avoir participé. J’ai hâte de suivre les épreuves de près en octobre 2014. Je serai là!

Quels sont vos rêves les plus fous pour le monde de l’orgue?

Je ne peux pas parler des projets que je prépare avec l’OSM: c’est top-secret! Mais un de mes plus grands souhaits est de voir un plus grand rayonnement de l’orgue. Il y a toute une génération de compositeurs, français et autres, qui composent sans aucun lien avec la religion : il faut intéresser ces nouveaux compositeurs au monde de l’orgue. Il y a tout un travail d’éducation dans les universités et des conservatoires, en plus du travail de vulgarisation du grand public.

 

Jean-Willy Kunz participera aux activités du prochain concours du CIOC en octobre 2014.